vendredi 10 février 2012

Tango !

Inventé en Amérique latine dans le Rio de la Plata, le tango est le produit d'un métissage de musiques et de danses pratiquées par les esclaves noirs du XIXe siècle. Et si celui-ci s'est éminemment raffiné jusqu'à désormais faire partie des danses canoniques de salon, il n'en conserve pas moins une incroyable combinaison de provocation et d'insolence. La danse des bordels du début des années 1900 a en effet laissé dans son sillage un souffle effroyablement sulfureux. A l'instar de deux amants tenaillés et enivrés par un désir féroce, les deux danseurs miment alors un acte sexuel des plus torrides.

Car le tango est bel et bien une danse de désirs et de pulsions. A travers des gestes méticuleusement étudiés, chacun des partenaires cherche à dominer l'autre dans un tourbillon chargé d'érotisme. Dans une ronde particulièrement bien menée, Éros, Thanatos et Apollon se suivent, se mêlent et se fondent alors au point de former un enchaînement diablement libertin et voluptueux. Mi-anges, mi-démons, les deux protagonistes se perdent, puis se retrouvent, s'enlacent puis se détachent dans un puissant mouvement corporel synchronisé. Comme deux amoureux irrémédiablement happés par leur instinct de possession, les danseurs subliment leur animalité dans une étreinte pénétrante et haletante teintée d'agressivité...

Mais avant d'être objet de jouissance, le tango se métamorphose d'abord en instrument de séduction. De la même manière que les compadritos de Buenos Aires, les french lover d'avant-guerre se l'approprient jusqu'à le transformer en véritable art de vivre. Le tango a dès lors pour mission de conquérir la gente féminine. Mais au même titre que l'amour, la danse est un art qui nécessite patience, humilité et apprentissage. Ne peut donc devenir maître que celui qui a fourbi ses armes au prix d'un exercice ardu sagement acquis. Pour susciter un désir fougueux et gagner la confiance de son partenaire, il convient dès lors de mesurer toutes les subtilités de cette danse latine ô combien suave et lascive.

C'est que le tango dégage un sybaritisme irrésistiblement fauve et maléfique. Se laisser charmer par son essence, c'est réveiller le félin qui sommeille en vous. Votre corps ondule et se déhanche au gré des ombres et des lumières, vos pas aussi mystérieux que langoureux se déploient sous l'effet d'une rythmique à la fois sensuelle et rapide, votre silhouette et celle de votre partenaire se confondent pour finalement ne faire qu'une. Toutefois, dans le cas du tango, fusion rime avec séparation ; dominant devient dominé et vice versa. Tels des chats en quête d'indépendance et de dépendance, l'un et l'autre se quittent pour mieux se retrouver, se retiennent à l'appel des corps pour mieux succomber à la passion qui les submergent dans un jeu charnel de va et vient...

Mais pour que la fièvre puisse enfin vous inonder, il est nécessaire de laisser le feu envahir tout votre être jusqu'à briser la glace qui sépare votre esprit de celui de votre partenaire. Le mélange n'en sera que plus alchimique et sardoniquement efficace. Au même titre qu'un acte sexuel qui exige un abandon total de ses barrières et de ses interdits, il demeure impérieux de briser les chaînes qui vous emprisonnent afin de laisser votre partenaire devenir votre guide. Plongés dans une réjouissante quête des sens et perdus dans chacune de vos traces, vous reprenez tour à tour le contrôle de vos destinées respectives inéluctablement troublées. Pour autant, cette coalescence ne prendra sens qu'à travers une répétition régulière de chaque mouvement, dans la douleur comme dans les moments de grâce. Les gestes malhabiles s'effaceront progressivement au profit d'une virtuosité infiniment plus riche et plus ciselée. Car ce n'est somme toute qu'à travers la connaissance de l'autre que peut alors se former une irrépressible attirance mutuelle.

Mais au-delà de son aspect troublant, le tango n'en est pas moins une redoutable éducation. En effet cet art subtil, mystérieux et libidinal rejoint à ce titre cette once d'universalité qui lui permet de transcender l'amour. Il offre aux deux partenaires la possibilité de développer une tolérance plus large à l'égard de l'autre et renforce par conséquent leur altérité. Car à travers une danse aussi caressante, les deux protagonistes apprennent ainsi à se couvrir pour mieux se découvrir, à comprendre que l'un est l'autre, à respecter chacune de leur personnalité jusqu'à apprécier notamment ce qui ne leur convient pas. Enfin, ils peuvent alors s'apercevoir que chaque faiblesse n'est en définitive qu'une richesse supplémentaire sinon complémentaire. Dansé aux quatre coins du monde, le tango est le fruit d'un cosmopolitisme étonnamment riche et jubilatoire. En d'autres termes, se mouvoir voluptueusement sur des airs aussi latins qu'argentins, c'est faire ainsi du tango un symbole de paix, de liberté, d'unité et de fraternité. Il ne reste alors qu'une seule chose à dire : en piste et Asi se baila el tango !


Sandra WAGNER

vendredi 27 janvier 2012

L'art d'aimer (d'après Erich Fromm)

Si l'amour demeure un vaste mystère, il n'en reste pas moins le sujet de prédilection des artistes et du commun des mortels. En effet il est a priori si simple d'aimer. Or cette capacité requiert une grande maturité d'esprit et de cœur et n'est donc nullement à la portée de n'importe qui. Néanmoins, nous sommes tous assoiffés d'amour et nous y attachons une grande importance. Nombreux sont à ce titre les candidats en quête éperdue de l'âme sœur. Seulement, nos attitudes sont trop souvent les vecteurs de nos déboires sentimentaux et nous empêchent en ce sens de connaître un véritable amour. Nous confondons hélas très fréquemment le désir « d'être aimé » avec celui « d'aimer ». Notre système capitaliste en est partiellement la cause puisqu'il réduit les individus à l'état de marchandise. C'est pourquoi, nos efforts de séduction s'inscrivent davantage dans une vaine recherche de puissance, de possession, voire de domination à travers des critères fondés sur la réussite sociale, l'apparence physique, la modestie ou la recherche d'une certaine intelligence. L'amour devient en quelque sorte une obsession de l'avoir. Ce changement est apparu au cours du XXe siècle.

En effet jusqu'au XIXe siècle, le mariage était avant tout une transaction sociale et familiale. Les familles supposaient alors que le couple disposerait d'une vie entière pour s'aimer. Aujourd'hui, l'amour romantique a supplanté les conventions d'autrefois. Tout le monde a donc désormais la possibilité de choisir son partenaire. Ceci étant, cette liberté engendre à son tour une fallacieuse conséquence puisque l'objet d'amour se substitue dorénavant à la fonction. Pour être aimé, il faut devenir nécessairement aimable. Mais l'échec amoureux réside également dans un autre amalgame : notamment entre celui de « tomber amoureux » et « d'être amoureux ». Submergés par une passion dévorante, les deux protagonistes sont absolument convaincus de vivre ce miracle de l'amour. La langueur que vivent les deux amants semble en effet abolir les frontières qui les séparaient. Pourtant ce tourbillon, qui les consume et qui leur donne cette opportunité de vivre l'une des expériences les plus réjouissantes de l'existence, ne peut perdurer par définition. La passion est temporaire et surtout brutale. Elle est donc vouée à disparaître tôt ou tard bien qu'elle puisse éventuellement faire place à d'autres sentiments plus solides. Néanmoins, le plus souvent, elle n'est que le révélateur malheureux de l'état de solitude antérieure des deux acteurs. Les deux partenaires sombrent subséquemment dans une dépendance affective à l'origine d'un épuisement de leur intimité voire d'un renforcement de leurs antagonismes susceptible d'aboutir inéluctablement à un ennui mutuel. Aussi l'idée que l'amour soit accessible à chacun de nous est prépondérante et engendre par ailleurs de nombreuses erreurs et de conflits. En effet, rien n'est finalement plus difficile que la faculté d'aimer.

Il convient donc de réfléchir avec sérénité et neutralité sur la réelle définition de l'amour. On peut dès lors se demander si l'amour n'est pas plutôt un art qui requiert en ce sens humilité, effort et connaissances. Cela signifierait aussi que celui-ci n'est non pas un sentiment inné mais une disposition qui s'acquiert voire se conquiert puis se transmet. Si l'amour est art, il devient par conséquent un « art de vivre » qui nécessite un apprentissage de longue haleine au même titre que la musique, la peinture, etc. Il implique à ce titre la maîtrise d'une théorie puis une mise en application. Pour devenir maître dans l'art d'aimer, il est ainsi impérieux de se positionner en tant qu'apprenti de l'amour. Celui-ci doit devenir pour chacun de nous une préoccupation majeure et permanente. L'amour est l'ultime réponse aux questions métaphysiques des hommes. Si les animaux connaissent également l'amour grâce à leur instinct, les humains le conscientisent en faisant appel à leur raison ou libre-arbitre. Lucides quant à l'absurdité de leur vie, les individus sont ainsi amenés à devoir donner un sens à leur existence. Ainsi, même s'ils sont parvenus à transcender leur animalité, ces derniers ne peuvent que progresser dans leur cheminement lorsqu'ils parviennent à retrouver une harmonie nouvelle à visage humain. En ce sens, l'exonération de déterminismes les pousse à s'extirper de leur solitude à travers la quête perpétuelle d'une union durable avec d'autres hommes. La séparation génère anxiété et honte. Aussi femme et homme sont conscients de leurs différences psychiques et physiologiques et donc de leur singularité même s'ils se reconnaissent étrangers l'un à l'autre. Quelles que soient les cultures, chaque individu est désireux de surmonter sa solitude par tous les moyens dans l'optique de retrouver une certaine unité. Pour y parvenir, plusieurs solutions partielles s'offrent à lui. La première consiste à rechercher l'extase collective sous toutes ses formes. Le groupe procure sérénité et sécurité. L'exaltation permet de fuir le réel et le monde extérieur ainsi que la douleur de la séparation. Cet état peut être ressenti notamment sur un plan sexuel avec pour exemple les orgies collectives des sociétés primitives, l'alcoolisme ou la toxicomanie. Mais compte tenu de leur caractère violent de part la nécessité d'accroître régulièrement les doses pour bénéficier d'une intensité toujours plus grande, ces « moyens » mettent en péril la personnalité et favorisent une frustration croissante qui ne permet pas de dépasser la séparation. C'est pourquoi, les hommes ont délibérément choisi la voie du conformisme en intégrant les rites, les usages, les valeurs, les idées ou les mœurs sociétaux. En effet, à travers le prisme du collectif, les individus retrouvent la sécurité qu'ils ont perdue. Grâce au groupe ils développent un sentiment d'appartenance. Leur uniformité les sauve de leur singularité. Or, cette tendance croissante d'hyper-conformisme demeure sous-jacente au concept d'égalité développé par les sociétés industrielles et démocratiques depuis l'époque des Lumières. Toutefois, dans notre société capitaliste la similitude s'est substituée à la particularité. Ce phénomène n'est pas sans risques pour l'individu puisqu'il observe une disparition progressive de son originalité au grand dam de sa séduction potentielle. Au même titre que la fabrication de produits de consommation en grande série, les hommes subissent une standardisation identitaire. En outre, si le conformisme tranquillise l'esprit de part la routine qu'il suscite, il aboutit dangereusement à la négation de l'individu et de sa nature humaine. Car si sa condition peut lui sembler pesante, elle n'en demeure pas moins nécessaire pour être en mesure de goûter intensément l'existence. Mais un troisième moyen subsiste : il consiste à investir son énergie dans un travail créateur et productif destiné à faire fructifier les talents et les dons. C'est en effet par l'intermédiaire de la création que l'homme peut alors fusionner avec le monde. Par contre, pour qu'un travail soit une source d'épanouissement et de satisfactions, il doit faire l'objet d'une liberté totale en terme de temps, de choix et d'autonomie. Malheureusement ce n'est aucunement le cas pour la majorité des hommes puisque nous vivons préférablement dans une société de consommation aliénante où l'homme n'est somme toute que l'alpha et l'oméga de la technique et de l'économie. En d'autres termes, les hommes ne peuvent donc s'accomplir qu'à travers une union fusionnelle fondée sur un véritable amour. La fusion amoureuse est à ce titre l'élan qui maintient la perpétuation de l'espèce humaine dans une dynamique vitale où l’Éros l'emporte viscéralement sur Thanatos.

Mais si l'amour se caractérise par l'union, encore faut-il en clarifier toutes les nuances sémantiques. Contrairement aux idées répandues, l'amour n'est nullement uniformité. Dans notre imaginaire collectif, la relation symbiotique entre la mère et son fœtus constitue le modèle prédominant. En effet, ils sont deux mais ne font qu'un. Pourtant, bien qu'ils soient indispensables l'un à l'autre, ils développent malgré eux des liens amoureux passifs. De fait, ces derniers s'appuient notoirement sur la dépendance d'autrui. Il y a donc fusion mais sans respect de l'intégrité corporelle. Par conséquent, ces liens ne sont en réalité que des formes imparfaites de l'amour. C'est pourquoi un amour accompli s'oppose totalement à l'amour symbiotique, dans la mesure où celui-ci se traduit par le respect intégral de la singularité. En outre, si l'amour est pouvoir, il est davantage une « autorité » active. Il octroie à deux êtres la possibilité de s'unir volontairement tout en demeurant irréductibles l'un à l'autre. L'amour n'est donc point une passion servile. Il correspond davantage à l'acceptation d'un échange à la fois unilatéral et réciproque : le don. Aimer c'est donc donner et non recevoir. Or, à tort nous pensons que le don implique compromission et marchandage. Pourtant, il n'est ni arrangement, ni vertu, ni sacrifice. Il symbolise au contraire notre force et notre capacité de jouir à travers le plaisir de donner. Donner c'est livrer à l'autre la partie la plus intime, la plus vivante et la plus profonde de son être. Mais si l'amour est la manifestation suprême du don, il nécessite pour autant d'autres ingrédients fondamentaux tels le respect, la responsabilité, la sollicitude et la connaissance. Aucun amour n'est en effet vivable sans la moindre attention pour l'autre. Aimer c'est donc faire preuve de considération pour la vie et la croissance de l'être aimé. C'est se sentir pleinement responsable d'autrui, c'est pouvoir rire de ses joies comme pleurer ses malheurs, respecter son rythme, ses besoins, sa particularité sans vouloir l'assujettir. Pourtant aucun respect n'est réellement possible sans la connaissance approfondie d'autrui. Or, le tempérament d'un individu n'est soumis en aucune manière à des lois mathématiques ou scientifiques. De fait, nul n'est en mesure de percevoir les mystères psychologiques de la nature humaine. Notre effroyable complexité nous conduit ainsi à nous contenter de peu en terme de savoirs, d'autant plus que nous sommes des fruits en évolution permanente. La seule manière de connaître l'autre réside donc encore dans l'acte d'aimer car aimer c'est plonger dans les abîmes d'autrui à travers la fusion.

En outre, contrairement à ce que nous pensons, l'amour n'a pas vocation d'exclusivité. En réalité il se drape de plusieurs visages. Parmi toutes les formes d'amour, la plus capitale d'entre toutes est celle de l'amour fraternel. Comme l'affirmait le Lévitique, « tu aimeras ton prochain comme toi-même. ». En d'autres termes, si nous sommes désormais capables d'aimer, nous ne pouvons en théorie nous empêcher d'aimer notre prochain au même titre que notre propre personne. L'amour fraternel se caractérise en effet par un désir de solidarité et d'unicité. Le « Nous » remplace le « Moi ». En bref, nous prenons ainsi conscience de notre seul statut d'être humain bien au-delà des distinctions sociales, religieuses, ethniques, culturelles. Nous sommes placés sur un même pied d'égalité et savons alors que nous n'appartenons dorénavant qu'à une seule communauté : celle des hommes. De surcroît, nous saisissons enfin que l'amour ne prend racine qu'à partir du moment où nous nous attachons ainsi à des personnes étrangères à notre entourage. De là naît ainsi la fraternité. A celle-ci s'ajoute un amour concomitant : l'amour maternel. Ce dernier procède notamment d'un amour inconditionnel qui se traduit par une grande sollicitude. Cet amour relève de plusieurs dons : celui de la confiance en l'existence, du bonheur d'être là. Toutefois pour que celui-ci devienne essence, il est impératif que la mère ait su dépasser son propre narcissisme et ses névroses. A la différence de l'amour fraternel, la relation mère-enfant demeure inégale. Et si la mère est capable dès la naissance de s'attacher à sa descendance, ce n'est surtout que lorsque son enfant grandira qu'elle devra relever l'un des plus sérieux défis de sa vie : aimer et donner inconditionnellement tout en faisant abstraction de son désir de fusion et de possession. Il s'agit donc d'un amour ô combien difficile puisqu'il exige de la mère un désintéressement total de sa personne sans ne devoir rien exiger en retour, si ce n'est le seul bonheur d'être aimé. Or cet amour maternel ne peut que découler de la faculté d'aimer un autre que soi contrairement à l'amour érotique qui, lui, se veut exclusif. Ce dernier résulte en effet d'un désir ardent de fusion dans l'optique de retrouver l'unicité perdue. Faire l'amour revient donc à vouloir se fondre en l'autre jusqu'à ne faire qu'un. Le désir sexuel est à la fois une sublimation de notre instinct et/ou de nos sentiments. La fusion permet de mélanger notre essence à celle de l'autre. L'Un devient alors l'Autre. Aussi, l'amour ne relève pas d'un sentiment spontané. Il est en revanche le point de départ d'une volonté et implique par conséquent la notion de décision, de promesse et d'engagement. Enfin, si toutes ces formes d'amour ne soulèvent aucune objection pour la plupart d'entre nous, il en est une autre qui fait par contre l'objet d'une prégnante culpabilité : l'amour de soi. Pourtant, amour et amour de soi ne sont pas incompatibles ou indissociables. L'amour de soi déchaîne les passions parce qu'il est souvent méconnu voire confondu avec l'égoïsme. Néanmoins, s'aimer soi n'est pas aimer Narcisse. Si l'amour de son prochain est une vertu cardinale, l'amour de soi en est une également. Reprenons le Lévitique : « Tu aimerais ton prochain comme TOI-MÊME. » Par conséquent pour être en mesure d'aimer l'autre, il devient indispensable de vouloir rester relié à ses priorités. A l'opposé la personne égoïste ne s'aime point ; pire elle se hait. Elle n'est centrée que sur elle-même, ne prend que du plaisir dans l'acte de recevoir, est indifférente à l'autre et ne lit le monde qu'à partir de son angle personnel. Son objectif n'est que la recherche de son propre intérêt au détriment de ceux des autres. Amour de soi et égoïsme sont donc des phénomènes contradictoires.

Cela revient alors à poser la question suivante : peut-on vraiment aimer dans une société capitaliste ? La réponse est non puisque le capitalisme repose avant tout sur le dogme du marché. Seul ce dernier fait office de loi et néglige alors tous les aspects humains. Tout est fondé uniquement sur l'intérêt. L'ambition voire la cupidité sont des traits plus valorisants que l'amour dans un tel système. Celui-ci ne se réduit qu'à un échange où les protagonistes cherchent à recueillir les avantages les plus rentables. Ainsi l'homme ne devient qu'une vulgaire marchandise censée satisfaire un « acheteur » sur le marché de l'amour. Chacun est alors condamné à sombrer dans une aliénation amoureuse où l'autre est contraint de combler nos désirs, nos caprices voire nos blessures, notre solitude et notre insécurité. Dans ce cas, l'un et l'autre deviennent réciproquement cautère sur jambe de bois... Voilà pourquoi, nous nous trouvons si souvent en proie à une solitude existentielle mortifère que la société de consommation s'efforce d'apaiser par tous moyens. L'homme ne se nourrit plus de l'autre et devient en ce sens un automate. Ainsi, le couple est amené faire équipe, la sexualité repose principalement sur l'idée de performance et de technique et le bien-être mutuel se trouve totalement évincé. D'où la nécessité par conséquent de pratiquer l'amour comme un art afin de développer notre faculté d'aimer. Pour cela, quatre conditions sont requises : discipline, concentration, sensibilité à soi-même et patience car si l'on désire en effet devenir maître dans l'art d'aimer, il convient en ce sens de le considérer comme un apprentissage permanent. Mais le plus important réside dans notre potentialité à surmonter notre propre narcissisme. Redonner à l'amour ses pleins pouvoirs c'est retrouver sa véritable noblesse et se différencier de l'animal. Mais surtout, savoir aimer c'est faire ainsi de l'amour le perpétuel récit qui relie à jamais les hommes à Dieu.


Sandra WAGNER

samedi 31 décembre 2011

Mourir c'est achever de naître...

La mort est le fantôme qui renvoie chaque être vivant à son irrémédiable destin. Drapée de son macabre linceul, la faucheuse squelettique rôde partout et fascine les hommes. Elle sommeille au creux de nos inconscients et nous rappelle inlassablement notre condition de mortel. La mort est un cri : celui d'un imperturbable silence. Bien qu'elle soit d'abord un phénomène naturel, elle symbolise la déchéance, la maladie, la violence, la déchirure, la souffrance physique et psychique, l'agonie et l'affliction, l'horreur et la barbarie, le deuil. Nul ne peut décrire la mort. Nous connaissons la vie mais nous ignorons tout de la mort. Nous conservons seulement à l'esprit les puissantes métaphores gravées dans notre imaginaire collectif. Le trépas nous est intolérable : il signe non seulement de manière impitoyable et irréversible la disparition de ceux qui nous sont chers, mais surtout il nous oblige à penser notre propre décès. Notre conscience ne peut accepter que nous sommes des produits éphémères condamnés au néant. La mort effraie. C'est pourquoi, les hommes ont toujours tenté de la dénier ou de l'apprivoiser au travers de la philosophie et des rites religieux. Toutefois s'ajoute aujourd'hui à cette scotomisation morbide un tabou générateur d'une effroyable détresse. En effet grâce aux progrès médicaux et à l'augmentation de notre espérance de vie, notre société porte dorénavant la jeunesse aux nues au point de sombrer dans un jeunisme malsain et profondément tyrannique. La vieillesse devient dès lors une odieuse pathologie voire une horrible personnification de la laideur qu'il convient de camoufler tandis que la mort souffre d'un mutisme assourdissant. Ainsi les anciens, considérés autrefois comme des sages, deviennent désormais de véritables parias. Les mourants, quant à eux, sont délaissés dans la plus grande solitude et sont malencontreusement privés de leur mort.


Pourtant jusqu'au XIXe siècle, les défunts ont paisiblement côtoyé les vivants en dehors des épisodes de famines, d'épidémies ou de guerres. Jusqu'à la Révolution Française, les cimetières faisaient partie intégrante des églises, des villes ou des villages. Mais pour des raisons hygiéniques, les nécropoles furent désormais construites hors des communes. Aussi, les rites funéraires ont permis en quelque sorte de « légitimer » et d'humaniser la mort. Les nombreux gisants médiévaux du XIIe siècle en sont une formidable illustration. En outre, l'apparition de dons et d'héritages couplée au développement d'usages religieux et mortuaires ont permis aux individus de s'accommoder du trépas. Celui-ci s'est en effet socialisé. Le deuil, les obsèques, les oraisons funèbres, la possibilité d'exprimer sa douleur et son chagrin face à la perte de l'être cher nous ont appris progressivement à endurer l'inéluctable. Par ailleurs, afin de se détacher plus encore de l'absurdité de la mort, les hommes se sont fabriqués une multitude de religions dans l'espoir d'accéder au repos éternel et donc à l'immortalité. Raison pour laquelle, le thème du Jugement Dernier se multiplie au cours de l'histoire et occupe en Europe une place prépondérante sur le plan architectural et artistique.


Toutefois, les cultes religieux ne sont pas les seuls à vouloir percer les mystères de « l'au-delà ». Les philosophes ont eux aussi tenté d'en découvrir les secrets à travers de nombreuses postures. Ils se sont ainsi efforcés de penser la mort pour mieux se rapprocher d'elle. Néanmoins est-il pour autant possible de « penser l'impensable » ? Mais au juste, qu'est-ce que la mort ? Au préalable, elle est d'abord au sens biologique et clinique du terme la cessation de toute manifestation du vivant. De manière irréversible, notre organisme devient inerte. Les organes ne fonctionnent plus, le cœur cesse de battre. Le corps est désormais une dépouille et le processus de putréfaction s'enclenche. Nonobstant la mort n'est pas seulement physique, elle est également psychologique puisque les hommes sont également dotés d'une conscience. Or si cette dernière s’annihile, la mort ne peut se penser. La réflexion est en effet le produit d'un acte qui relève du vivant. Notre cerveau doit impérativement fonctionner. Par conséquent nul ne peut vivre sa mort. Il est donc impossible de la comprendre et de mesurer ce qu'elle est à travers nos expériences humaines. A ce titre, la mort est toujours la représentation de la mort d'autrui grâce à notre imaginaire et à notre libre-arbitre. De ce fait, si notre conscience est détruite, nous ne sommes plus et donc nous n'existons plus. La réalité du monde ne peut donc être conceptualisée qu'à partir de notre conscience et de notre propre grille de lecture. La mort nous conduit par conséquent au néant. De plus tant que nous vivons, la mort n'a pas lieu d'être car vivre, c'est sentir. Nous éprouvons des sentiments et des sensations. Nous ne pouvons donc pas appréhender la mort et encore moins la redouter puisque lorsque nous trépassons, nous ne ressentons plus rien. Voilà pourquoi, le temps ne peut plus exercer à ce moment-là son influence sur nous. Seuls nos souvenirs permettent de maintenir nos proches disparus en vie : ils deviennent de fait...immortels par l'intermédiaire de nos pensées. Et si la mort demeure incompréhensible pour les vivants, elle l'est paradoxalement encore plus pour nos disparus qui ne peuvent hélas plus user de leur conscience pour en évaluer justement la portée. La mort restera à jamais une énigme irrésolue quoi qu'il advienne.


En revanche si notre mort ne peut être pensée et conceptualisée, peut-on toutefois lui attribuer un sens ? Si la mort est absurde, elle n'en conserve pas moins des fonctions essentielles. D'abord elle permet à tous les êtres vivants de développer un instinct de mort qui les aide alors à se maintenir en vie et à lutter pour assurer leur survie. Ainsi les hommes comme toutes les autres espèces du globe cherchent à tout prix à procréer dans le but de se perpétuer et de renouveler l'espèce. En outre, la mort nous ramène à ce que nous sommes : des êtres de chair et de sang, des animaux au sens premier du terme à savoir que nous sommes à la fois des prédateurs, une proie ou les architectes de notre propre destruction. Nous appartenons au même titre que la faune et la flore à ce gigantesque écosystème dans lequel les hommes occupent également une position à part entière. Ceci étant, à la différence de l'animal qui privilégie le collectif et possède davantage une conscience biologique de la mort, les individus la conscientisent et l'élaborent avant tout sur un plan individuel en faisant appel à leur esprit ainsi qu'à leurs propres représentations. De plus, si la mort fait partie de la vie, c'est aussi parce que celle-ci nous apprend chaque jour à mourir un peu plus. Elle constitue à ce titre un formidable levier pour nous aider peu à peu à intérioriser notre destinée et la faire nôtre. L'existence est en effet un parcours semé de deuils, de séparations, de renoncements et de changements.En d'autres termes ce sont déjà des petites morts auxquelles nous faisons face. Vivre c'est donc mourir chaque jour un peu plus. C'est d'ailleurs pour cette raison que la vie est l'occasion rêvée pour être capable d'apostasier petit à petit nos biens, nos proches, notre enveloppe charnelle. A travers la maladie ou la vieillesse nous mesurons ainsi les limites grandissantes de nos organismes et nous réussissons alors pas à pas à nous détacher de nos illusions et de nos attaches vitales !


Mais si la mort est abjuration, elle constitue pourtant le socle éternel qui permet d'apprécier à sa juste valeur le caractère ô combien précieux de la vie. Seule la démarcation temporelle et la finitude permettent en effet d'évaluer le degré inestimable de notre existence. C'est en prenant conscience de nos propres limites et de celles de notre entourage, que nous sommes alors à même de réorganiser notre vie en fonction de nos propres priorités qui nous apparaissent comme essentielles voire vitales. Le trépas nous amène ainsi à investir pleinement l'ici et maintenant pour que l'existence devienne enfin essence. Plus exactement, si l'existence peut se conjuguer tant au passé qu'au futur, elle ne s'articule au mieux qu'au présent tout comme la mort . En somme vie et mort sont et ne font finalement qu'un et relèvent du mode de l'être. La mort n'est donc que la dernière étape vitale de notre développement. Vie et mort ne s'opposent en aucune façon, d'autant plus qu'à la mort se substitue toujours la naissance ou plutôt la renaissance. Le trépas n'est en réalité qu'un processus de régulation positif des espèces. Il n'est donc en aucune façon un arrêt définitif de la vie et n'assure en réalité que son maintien fondé sur des bases biologiques fondamentales, solides et saines. Pour conclure, si la mort peut être dans l'esprit des hommes une déchirante tragédie, elle n'en reste pas moins un appel vorace, inébranlable et indestructible à la beauté de la vie. Voilà pourquoi, mourir c'est achever de naître.


Sandra WAGNER

samedi 6 août 2011

De l'absurdité de la vie (texte inspiré du Mythe de Sisyphe d'Albert Camus)

Si la science est parvenue à soulever les mystères de nombreux phénomènes, elle n'a en revanche jamais été capable d'apporter un éclairage tangible sur le fondement ontologique de la vie. Par ailleurs, si les religions ont cherché elles aussi à combler ce questionnement métaphysique, leurs efforts sont hélas restés vains. C'est que la vie se définit d'abord par son absurdité. Chaque être vivant est naturellement soumis à des lois biologiques et terrestres. Chacun naît, vit, meurt et lutte pour assurer sa survie. Nous appartenons tous à ce gigantesque écosystème dans lequel nous sommes à la fois une proie, un prédateur et l'architecte de notre propre destruction. Et si la vie conduit inéluctablement à la mort, aucune raison ne peut justifier objectivement notre existence. Nous existons d'abord parce que nous avons été le fruit d'une pulsion sexuelle, physique et mécanique dont le but ultime n'est finalement que la perpétuation de l'espèce. Naître ou trépasser est donc totalement indépendant de notre volonté. De plus si nous vivons, c'est aussi parce que nous sommes le résultat de processus spécifiques liés au monde vivant : nous respirons, nous nous nourrissons, nous nous hydratons, nos organes fonctionnent. Sans eau, sans oxygène, sans sustentation, nous mourrons. Notre vie est donc avant tout organique et machinale. A la différence de l'inerte, le vivant est.

Nous disons par ailleurs : « nous venons au monde ». En d’autres termes, nous sommes malgré nous jetés abruptement dans le chaos du monde dont l'essence échappe à notre raison et à notre conscience. Et pourtant avant d’être à la fois hasard et désordre, ce monde est d’abord une réalité incarnée. Celui-ci se traduit notamment par des « expériences » plus ou moins fructueuses au travers desquelles nous construisons progressivement notre vécu, notre ressenti et nos émotions. Néanmoins est-il pour autant nécessaire d’accéder à la connaissance, aux sentiments et à la raison pour comprendre le fondé de la vie ? Non, d’une part parce qu’elle ne s’explique point et d’autre part parce qu’avant que nous soyons, elle nous a déjà précédés. Nul besoin alors de vouloir en saisir le sens puisque d'après Sartre « l’existence précède l’essence ». Et si par définition le monde vivant est absurde, c’est avant tout parce que nul ne lui est indispensable. Que nous soyons mort ou inexistant, la vie suit son cours. Le monde est foncièrement déraisonnable.

Toutefois, ce schéma-là reste pour l’espèce humaine insupportable. Qui peut réellement accepter l’idée que nous sommes des produits éphémères du néant ballottés sur une planète dérisoire au beau milieu d’un univers ? Personne. C’est d’ailleurs pourquoi il est inexorablement humain de chercher à définir ce qui ne l’est pas, de vouloir rationaliser à tout prix ce qui ne peut l’être, de donner du sens à ce qui est insensé et de justifier l’inconcevable. Or l’absurde relève justement de cet étonnant paradoxe entre notre quête éperdue de logique et cet univers totalement inepte. En outre, si celui-ci est aberrant c’est d’une part parce que nous le concevons comme tel mais c’est aussi en raison de notre propre vacuité. Raison pour laquelle les individus se sont efforcés, à travers des religions conçues de toutes pièces, de trouver des explications rationnelles à ce qui peut leur sembler inintelligible. Ils se fabriquent dès lors une figure divine dotée d’une puissance supérieure à la Raison pour illustrer le statut des individus ainsi que l’ordonnancement de la Nature. Cela ne signifie en rien qu’ils dédaignent l’absurdité du monde. En revanche, ils essaient seulement de s’en détacher mieux encore pour espérer un avenir potentiellement meilleur à l’issue de la mort. Leur ultime porte de sortie réside dans l’espoir et dans la foi. A leurs yeux, la raison est contingente. Pourtant, bien que cette dernière soit vaine, son intérêt demeure néanmoins incontestable puisqu’elle peut expliquer un certain nombre de faits avec une grande efficacité. Sans la raison, point de conscience et sans conscience point de pensée. La raison est en effet le fruit de l’expérience humaine et ne trouve finalement que ses limites dans ce qui dépasse l’entendement humain. D’ailleurs, la question du sens nous accable uniquement parce que, contrairement au monde animal, nous sommes dotés d’un libre arbitre. Nous sommes en définitive des « roseaux pensants » selon Pascal.

Et pourtant c’est en prenant acte en toute lucidité du caractère absurde de l’existence que nous finirons par reconquérir notre liberté et donc notre vie. L’absurdité abolit en effet toutes les illusions et chimères que les individus se sont peu à peu façonnés. Nous sommes alors seuls face à la mort et confrontés malgré nous à cette ultime échéance à laquelle nous essayons d’échapper par tous moyens. C’est d’ailleurs pour cette raison-là que nous fabriquons un nombre incalculable de systèmes, de règles ou de libertés qui somme toute nous privent de notre créativité et nous enferment dans une invraisemblable prison de verre composée de préjugés iniques, de conformismes abrutissants, de jugements de valeur dépassés. Nous nous y plions certes, mais nous devenons hélas des esclaves . En d’autres termes, nous nous mettons au service de l’absurdité du monde voire d’un Etat aussi sectaire et stérile que les dogmes les plus sots et nous restons prisonniers du caractère machinal de la vie. Sans réfléchir nous continuons notre marche à travers le rythme effréné « du métro, boulot, dodo » dans une société de consommation barbare, technique et laborieuse qui nous promet un bonheur éternel et absolu totalement fictif ! Par conséquent, rien de plus essentiel qu’une lucidité désespérée, teintée de révolte puisque cette dernière nous empêche alors d’éluder le vide de nos existences. Le trépas peut sembler monstrueux en apparence, mais la révolte nous pousse à ce titre à participer désormais au monde avec perspicacité et engagement. L’absurdité du monde devient dès lors cohérence et la vie vaincra aussitôt les ténèbres. Car si certains d’entre nous choisissent de mettre fin à leurs jours après avoir pris conscience de l’inanité de la vie, ils perpétuent par leur geste le non-sens du monde. Nous ne pouvons lutter contre l’absurdité. Cependant, nous pouvons nous en accommoder et la faire nôtre si nous maintenons cet effort de lucidité permanent. En faisant fi de nos attentes placées en ce monde qui ne peut dorénavant que nous décevoir, nous sortons enfin de la passivité et devenons de fait les acteurs de nos vies.

En se plaçant ainsi au service de l’engagement, nous prenons ainsi activement part au théâtre de la vie humaine. Car finalement qu’est-ce la vie sinon une scène tragi-comique sur laquelle les hommes se meuvent dans un ballet à la fois noble et périssable pour s’éveiller à leur propre réalité ? En cessant tout espoir inutile, nous mettons alors nos talents et nos expériences humaines au profit d’une seule morale, unique, sans jugements et conforme à ce que nous sommes : la nôtre. A nous alors de saisir ce champ des possibles où le temps renforce dorénavant la vie. A nous en effet de mesurer son caractère précieux en instillant dans chacun de ses moments un soupçon d’éternité. Car si la vie est non-sens et sans motif, elle peut néanmoins devenir harmonie et beauté même dans l’incohérence. Pour que l’existence devienne enfin essence, elle nécessite un investissement absolu qui se traduit d’emblée par une présence vitale pleine et entière dédiée à l’ici et maintenant. Seule demeure l’intensité de chaque instant ou de chaque rencontre avec l’autre puisque c’est aussi à travers l’amour que nous finissons par savourer infiniment la vie et donc par lui donner un sens. Tout devient alors sujet d’émerveillement et nous comprenons ainsi que le plus important dans une vie n’est pas de faire, mais d’être. Dans ce cas, même la douleur d’être fait sens et peut alors être sublimée voire transfigurée en une surabondance quasi divine. En d’autres termes, s’abîmer dans l’inhumanité du monde, c’est faire perpétuellement jaillir le miracle de la vie même dans ses aspects les plus fous ou les plus glauques. C’est faire ainsi de Sisyphe, un homme qui a su conquérir le divin.

Sandra WAGNER

lundi 11 avril 2011

Le site est né !

Chose promise, chose due, le site est né et fonctionne désormais. Il sera progressivement complété et je démarrerai concrètement après mon retour de Rome, soit fin avril.

En attendant, voici son adresse : www.lespassionsdesandra.com

N'hésitez surtout pas à me faire part de vos suggestions, propositions de rectifications quant à certains intitulés de catégories ou autres !

Mon souhait est de rendre le site le plus interactif possible de façon à créer de véritables échanges entre internautes.

Bon surf !

jeudi 7 avril 2011

Prochainement........

Ce blog aura bientôt son propre site internet consacré exclusivement à l'histoire de l'art ! Il portera entre autres sur les mouvements artistiques dans les domaines de la peinture, sculpture et architecture ainsi que sur l'archéologie, les artistes, les expositions.

Il comportera également de nombreux commentaires d'oeuvres, dossiers complets, biographies sur les artistes, un listing des catalogues d'expositions, un annuaire des émissions radios ou tv, articles et billets sur des expositions en cours ainsi que sur des voyages culturels réalisés, un album photos, un forum dédié à l'histoire de l'art, un agenda sur les prochaines expositions, les salons, un listing comprenant un ensemble de magazines spécialisés et bien d'autres choses qui se rajouteront au fur et à mesure

A très bientôt pour en savoir plus. Vous réceptionnerez son adresse web lorsque sa construction sera achevée et finalisée !

Bien cordialement

Sandra WAGNER

vendredi 1 avril 2011

Les nouvelles découvertes archéologiques d'Arles

L'équipe de l'émission "Des Racines et des Ailes" vous invite à découvrir les nouveaux trésors découverts et repêchés par les archéologues d'Arles :

http://www.pluzz.fr/des-racines-et-des-ailes-2011-03-30-20h35.html

Bonne émission !

PS : Pour votre information celle-ci n'est disponible que quelques jours, donc profitez-en rapidement !

Ici le site de l'émission : http://programmes.france3.fr/des-racines-et-des-ailes/index-fr.php?page=emission